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Cinéma Passé Présent

Un petit chef d’oeuvre découvert grâce à un réseau social bien connu et dont les commentaires ont suscité chez moi une petite réflexion sur la présence du cinéma.

Tout écartillé par André Leduc, Office national du film du Canada, 1972, 5 min 54 s

« Court métrage expérimental sur une chanson de Robert Charlebois. Grâce à une technique d’animation image par image, le cinéaste André Leduc nous offre une œuvre psychédélique et étourdissante digne des années 1970. »

Indigne d’aujourd’hui ?

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« Wow! Quand je pense qu’il y en a qui croient avoir inventé le vidéo-clip chez Musiqueplus!  Merci d’avoir publié, c’est un de mes beaux souvenirs! »

« Je me souviens du XXe siècle, vous savez l’époque où les budgets nous permettaient d’expérimenter… »

Pourquoi tant de nostalgie ?

« c’était le bon temps » « à cette époque-là on pouvait faire ceci cela… » « du cinéma comme on n’en fait plus »

Les films sont là, présents. Ici et maintenant pour toujours.
Vus aujourd’hui tels qu’ils ont été vus autrefois. Vus tels qu’ils ont été filmés. C’est le présent qu ‘on filme.
Les films ont plusieurs « présences ». Présence du tournage, présence de la projection. Plusieurs vies, comme les chats. Et jamais morts.

Présence. Réal-ités. Modern-ités. Contemporan-ité ?
L’image, le son, la rue, les gens, les paroles, les couleurs, les habits, les chapeaux, les chevaux, les autos, les histoires … sont présents. Vivants.

La nostalgie les prive du présent. Les enterre. On les oublie.

Regarder les films pour ce qu’ils sont, pas pour ce qu’ils ont été.

 

L’ONF anime!

Allez, on reste à l’ONF, cette fois avec une petite sélection très hétéroclite de films d’animation, juste pour le plaisir.

Un classique pour commencer, mais qui me fait toujours rire, par le maître d’entre les maîtres, Norman Mac Laren.

Discours de bienvenue de Norman McLaren par Norman McLaren, Office national du film du Canada, 1961, 6 min 52 s

Une plongée dans le Canada profond avec ses sapins, ses cabanes, ses barrages et ses… mouches noires.

Mouches noires par Christopher Hinton, Office national du film du Canada, 1992, 5 min. Voir aussi la version en anglais, savoureuse.

L’aventure biologique de l’humanité en 5 minutes, il n’y a que l’animation pour faire des prouesses pareilles. A noter, un bestiaire magnifique.

Du big bang à mardi matin par Claude Cloutier, Office national du film du Canada, 2000,5 min 53 s

Les croquis sont parfois plus beaux que les peintures. Ici, une étude sur la marche, émouvante de finesse, de justesse et de poésie. Un autre classique de l’animation canadienne.

En marchant  par Ryan Larkin, Office national du film du Canada, 1968, 5 min

Et pour finir en beauté, Isabelle au bois dormant. Un univers surréaliste, un graphisme à couper le souffle et des gags à mourir de rire!

Isabelle au bois dormant par Claude Cloutier, Office national du film du Canada, 2007, 9 min 13 s

Allez, au lit!

La bête lumineuse

0u « Le goût inaltéré de la viande crue »

Je ne peux résister à la tentation de vous faire partager ce chef d’oeuvre. Une découverte qui m’a fait aimer le Québec avant même d’y mettre un pied.

D’abord, du cinéma direct pur : une caméra au cœur de l’action, en osmose avec le milieu, une intimité profonde avec les personnages. Je n’en attendais pas moins de Pierre Perrault à qui l’on doit, avec Michel Brault « Pour la suite du monde« , une des premières merveilles du genre (ne serait-ce que pour son titre, l’un des plus beaux de l’histoire du cinéma selon moi).

Mais je ne m’attendais pas à une telle débauche, d’humour, d’humanité, de gestes et de verbe (pas toujours très clair) et aussi d’alcool (ce qui n’aide pas…).

Une partie de chasse où le gibier, cette fameuse bête lumineuse, n’est pas celui qu’on croit.

La bête lumineuse par Pierre Perrault, Office national du film du Canada, 1982, 127 min.

Et en prime, un très bel article dans Hors Champs, une revue de cinéma québécoise. L’article offre notamment une définition exemplaire du cinéma documentaire.

STÉPHANE-ALBERT ET LES VISCÈRES DU MONDE par Nicolas Renaud